Tout près de Paris, une maison Charlotte Gautier séduit l’architecte des bâtiments de France
- 29 avr.
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Dernière mise à jour : 4 mai

L’histoire ? Celle d’une maison que Charlotte Gautier, architecte, a récemment rénovée à Ville-d'Avray. Ses propriétaires voulaient, entre autres, en refaire la véranda, vétuste. Toutefois, le projet était soumis à une contrainte majeure : respecter les codes des maisons de villégiature en meulière, dans un secteur au patrimoine protégé. La consultation de l’architecte des bâtiments de France (ABF) s’imposait. Charlotte Gautier l’a préparée avec soin.
Comment redonner du charme à une maison à la véranda vétuste et peu exploitée ? À ses clients de Ville-d'Avray, Charlotte Gautier a répondu : « Démolissons la véranda, construisons une extension adaptée aux usages de votre famille et ouvrons largement la façade sur ce nouveau volume. Cela aura l’avantage d’agrandir votre séjour-salle à manger. »
Ces propositions, elle les a ensuite explorées avec l’architecte des bâtiments de France, l'ABF, puisque la villa se situe en secteur au patrimoine protégé.
La méthode Charlotte Gautier devant l’ABF
Charlotte Gautier ne s’est pas rendue les mains vides à la réunion avec l'ABF. « En me fiant à mon expérience, je lui ai apporté, comme support de discussion, un maximum de dessins, des photos de l’existant ainsi qu’un plan de masse et des toitures. » Pourquoi ? « Pour le renseigner pleinement sur l'esthétique, l'impact visuel du projet, lui montrer l’évolution des dessins au fur et à mesure du processus architectural et ainsi, être en mesure d’en évoquer avec lui tous les enjeux. »
La démolition de l’ancienne véranda avec reconstruction devait se produire dans le respect du plan local d’urbanisme (PLU). « Or, comme nous dépassions l'emprise au sol admissible au PLU, j’avais proposé à mes clients de détruire une partie d'un ancien garage en fond de jardin. Ce processus requerrait de dessiner un plan de masse pour représenter graphiquement les modifications du bâti sur leur terrain, avec les surfaces et les limites séparatives. Je l’ai établi et expliqué à l’ABF. »


Quand un parement de briques beige-orangé séduit l'autorité
Ce dossier documenté a effectivement facilité le dialogue avec l’ABF. « Nous avons exploré ensemble les pistes que je proposais : d’une part, l’extension de la façade avec un parement de briques de teinte beige-orangé, en dialogue avec celles de la maison en meulière ; d’autre part, une version avec un enduit plus neutre car mes clients m’avaient fait part de leur aversion pour un trop-plein de briques, ce que j’ai pu défendre devant l’ABF. Il l’a entendu et nous sommes convenus que je respecterais néanmoins les codes néoclassiques de la maison : corniche, briquettes d’angles, menuiseries les plus fines et travaillées possible, pour aboutir à une composition harmonieuse. Nous avons pu discuter sereinement, grâce au plan de masse, du droit de vue, des surfaces à détruire, à végétaliser... Et des huisseries. L’ABF n’aimait pas le gris foncé ni le noir, cependant il a admis qu’elles collaient avec l'intervention contemporaine. »

L’ABF a manifesté sa satisfaction devant cet exposé sérieux et concret. « Il était agréablement surpris de voir que mon intervention, clairement contemporaine, restait cohérente avec le voisinage grâce à la reprise d'un matériau comme la brique. Il a même été tellement séduit qu’il a voulu garder le dessin de la façade en briques beige-orangé ! Je pense qu’il est très important de proposer plusieurs options à l’ABF pour ouvrir un dialogue constructif. En tant qu’architecte, je me fais une obligation de montrer que je suis à l’aise avec plusieurs réponses architecturales. »
Au terme d’un dialogue constructif, l'avis favorable de l'ABF

Grâce à ce dialogue et à son travail, Charlotte Gautier a dessiné la façade définitive de la maison, déposée dans la déclaration préalable de travaux. Elle a ainsi décroché l’avis favorable de l’ABF. « L’architecte des bâtiments de France est là pour valoriser le patrimoine architectural, urbain et paysager. Il en est le gardien, il n’est pas là pour nous contrarier. Comme mon projet reprenait les codes des maisons de villégiature en meulière – briques d’angle, corniche, teintes de pierre… –, il l’a avalisé. Entre l’ABF et moi, il n’y a donc pas de confrontation mais une collaboration. J’essaie de maintenir cette atmosphère. »
Les maîtres d’ouvrage, clients de Charlotte, sont tout aussi satisfaits qu’elle. Son expertise a permis au chantier – intérieur et extérieur, y compris l’aménagement du terrain – de se dérouler sans écueil et dans un délai maîtrisé de 8 mois. Ils bénéficient aujourd’hui d’une extension d’inspiration néoclassique, réinterprétée avec sobriété. Les façades de la maison, structurées par une corniche et des angles suggérés, dialoguent avec son style originel. La large ouverture sur le jardin évoque un jardin d’hiver, dans une expression volontairement épurée. L’ensemble s’intègre naturellement au site et participe à la valorisation du bien.
Retrouvez ici le premier volet que Charlotte Gautier Architecte consacre à l’architecte des bâtiments de France.
Plus d’infos sur les ABF : https://www.culture.gouv.fr/dossiers/les-architectes-des-batiments-de-france-archi-utiles-a-notre-avenir.

