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N’ayons pas peur de l’architecte des bâtiments de France 

  • 9 avr.
  • 4 min de lecture
À Chaville, l'architecte Charlotte Gautier a redonné du cachet à une maison en meulière, chantier début 2026.

La consultation de l’architecte des bâtiments de France (ABF) est obligatoire pour construire ou rénover un bien à proximité d’un site protégé. Or, elle nous effraie. Charlotte Gautier, architecte HMNOP, nous rassure : parce qu’elle comprend le sens de sa mission, elle a instauré avec l’ABF un dialogue de grande qualité. À la satisfaction de ses clients, dont les projets immobiliers prospèrent. 


« Quand des clients potentiels m’appellent, la première fois, pour un projet d’extension, de surélévation de maison située dans un secteur au patrimoine immobilier protégé, ils m’exposent en général leur grande crainte vis-à-vis de l’intervention de l’architecte des bâtiments de France. Ils ont, par exemple, entendu dire que l’ABF s’oppose systématiquement aux permis de construire dans leur quartier, qu’il est impossible de rénover une acquisition et que les biens reviennent par conséquent sur le marché… Ils rêvent de transformer leur maison, chèrement payée, mais ne se sentent pas capables de défendre leur dossier d’urbanisme. »


Charlotte Gautier, architecte habilitée à la maîtrise d’œuvre en nom propre (HMNOP), ne s’en émeut pas. Ses quinze ans d’expérience, associés à son goût pour la rénovation des vieilles maisons, lui ont appris à travailler en bonne entente avec les ABF, ces collègues fonctionnaires que le ministère de la culture mandate pour veiller au patrimoine architectural français.


Le rôle de l’ABF : transmettre la qualité architecturale 


Charlotte Gautier dialogue judicieusement avec l'architecte des bâtiments de France.

« Je comprends la perplexité de mes clients devant la règlementation, poursuit Charlotte. Ils s’apaisent quand je leur explique le rôle des ABF et l’importance de leur avis. Rappelons-nous, en effet, qu’ils ont pour mission de valoriser le patrimoine architectural, urbain et paysager. Ils en sont les gardiens. C’est pourquoi, lorsqu’un projet concerne une zone qu’ils protègent, la mairie doit obligatoirement les consulter avant d’autoriser les travaux, que ce soit dans le cadre d’une déclaration préalable ou d’un permis (de construire, d’aménager, de démolir). »


Pour finir de rassurer les maîtres d’ouvrage qui lui confient leur projet, Charlotte résume : « La qualité architecturale se transmet – l’ABF est là pour ça et non pour nous mettre des bâtons dans les roues. Grâce à ce garde-fou, nous jouissons – et mes clients eux-mêmes – d’un voisinage harmonieux. S’ils ont trouvé la maison de leur rêve, c’est bien parce qu’elle a été préservée, n’est-ce pas ? Le paysage appartient à tout le monde, il faut s’en souvenir quand on souhaite le modifier. » 


Charlotte Gautier Architecte et ABF, un partenariat à l’avantage des clients 



 D'une véranda vétuste, Charlotte Gautier a fait un espace de vie moderne pour ses clients, les Legrand, à Chaville

Dès lors, l’approche de Charlotte Gautier consiste à collaborer avec les architectes des bâtiments de France et non les affronter. Cette professionnelle amoureuse de son métier a instauré avec eux un dialogue de qualité. Comment ? « Ma mission d’architecture complète exige, pour servir l’intérêt de mes clients, que je connaisse les règles d’urbanisme. Ainsi, je sais examiner un plan local d’urbanisme et y repère très vite ce qui plaira ou ne plaira pas à l’ABF dans le secteur où mes clients veulent construire. J’en discute avec eux et nous faisons évoluer leur projet ensemble, sans trahir leur désir. Je dessine minutieusement la façade de l’immeuble, ses éléments décoratifs, pour préserver ce qu’on appelle la nomenclature, à laquelle les ABF sont attachés. » 


L’intervention de Charlotte vise à donner du cachet au bien immobilier dont les croquis seront soumis à l’ABF. « Notamment, je déconseille vivement de chercher à faire du faux-vieux en façade, à imiter des matériaux anciens qui n’existent plus, par exemple façon meulière. Mon expérience m’a enseigné que l’ABF n’aime pas le pastiche, d’autant plus qu’avec les techniques contemporaines, on peut valoriser une construction ancienne avec beaucoup de goût.  Et puis, je propose à mes clients des plans qui évitent toute surcharge. C’est un parti pris intelligent que l’ABF comprend. » 


Pas de refus de l’ABF en quinze ans de métier 



Huisseries de la véranda rénovée par Charlotte Gautier pour les époux Legrand.

Charlotte Gautier doit intégrer une notice architecturale à ses demandes de permis de construire et déclarations préalables de travaux. Pour la rédiger au mieux et défendre autant que possible l’intérêt de ses clients, elle se déplace, au préalable : « Je rencontre les services d’urbanisme des villes, je prends rendez-vous avec l’ABF pour lui montrer mes schémas, croquis d’intention, photos. Je pourrai ainsi répondre à l’obligation d’énumérer, dans la notice architecturale, tout ce que je propose de mettre en place pour respecter et mettre en v

aleur le patrimoine bâti.Ce contact nous évite les malentendus et permet au dossier d’être traité rapidement, sans surprise. » 


Charlotte tire de la satisfaction de ce dialogue avec l’ABF : « N’oublions pas que l’ABF est un·e professionnel·le de l’architecture du patrimoine et de son histoire, avant tout. Avec lui/elle, nous traitons donc l’enjeu de conservation, de pérennité du bâti. Moi, de mon côté, je lui parle technicité et réalité du terrain pour qu’il/elle comprenne nos contraintes et assouplisse ses exigences. Dans notre échange, nous envisageons la manière d’optimiser la construction que je présente et nous déterminons ensemble une ligne de conduite. Ce fut le cas récemment pour une maison, à Chaville. J’avais convaincu mes clients de ne pas utiliser de coulissants pour leurs baies vitrées, l’ABF m’a approuvée. Il a aimé l’une de mes créations, un volume avec de la brique beige-orangé en façade qui seyait bien à la maison en meulière, au point qu’il en a gardé le dessin ! », sourit-elle.


Résultat : Charlotte Gautier n’a, en quinze ans d’exercice, essuyé aucun rejet de l’architecte des bâtiments de France. « On me demande parfois des pièces complémentaires, c’est tout. » Elle compte bien continuer d’enrichir ce dialogue gagnant-gagnant.


À suivre en avril : l’extension d’une maison en meulière devant l’ABF,

comment Charlotte Gautier s’en est-elle sortie ?.



 
 
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